"hospitalité
& inhospitalité"
Depuis 1984, Les Nuits Blanches Pour
La Musique Noire, initiées par l'association
ACTES, développent ses activités à la
croisée de la musique, de la littérature,
du cinéma, des arts visuels et plastiques
nés de l'imaginaire des peuples africains
et de leur diaspora. Cette manifestation
culturelle novatrice s'est notamment
investi dans l'art contemporain africain
en soutenant des artistes tels qu'Ousmane
Sow, Jack Beng Thi, Nicolas Bissi, Piola
Trigo.
Pendant vingt ans, que ce soit en France
ou sur le continent noir, ACTES n'a
jamais cessé de promouvoir l'expression
citoyenne, politique et artistique dont
elle a toujours été un point d'ancrage,
de confrontation et de prises de risques
collectifs et individuels. Il en est
également ainsi, en juin et juillet,
pour ce nouveau rendezvous 2005. A Marseille,
dans le cadre d'une résidence, Les Nuits
Blanches Pour La Musique Noire se font
le moment de rencontre de cinq artistes
plasticiens en provenance d'horizons
multiples. Sur les Iles du Frioul, dans
l'enceinte de l'Hôpital Caroline, aux
confins de la ville et de l'humanité,
nous invitons ces créateurs à mettre
à l'épreuve les frontières de notre
hospitalité. Depuis toujours, la venue
de l'étranger interroge le seuil sur
lequel se joue notre relation à l'Autre.
Saisi sur le fil de ses pérégrinations,
il est pour nous l'intrus, ce messager
qui nous révèle le monde comme différent.
Lorsque ce dernier fait halte, il prend
place, gagne en présence et donne une
autre résonance à nos propres destins.
Entre les temps du séjour et les moments
de l'accueil, ces mondes distincts se
tissent l'un l'autre jusqu'à porter
le même nom : celui d'hôte. Comment
alors, sur la scène de notre monde,
le rapport entre celui qui donne l'hospitalité
et celui qui la reçoit se rejoue-t-il
sans cesse ? C'est sur les traces et
le long des trames qui nouent deux états
de l'humanité - entre hospitalité et
hostilité - que Myriam Mihindou,
photographe - Gabon, Libreville
// Barbara Prézeau, plasticienne
- Haïti, Port au Prince // Jack Beng-Thi,
plasticien - Ile de La Réunion, Le Port
// Ahmed Eisharif Aboud Elsharif,
peintre - Soudan, Khartoum // Christian
Laudy, , plasticien France, Marseille,
nous conduisent et nous questionnent.
Leurs propositions prennent l'aspect
d'installations composites faites du
lieu lui-même et de ses usages sociaux
pour le faire vivre aujourd'hui. Ces
éléments plastiques et visuels sont
mis en espace et construisent le lieu
comme un parcours. Ils signifient ce
lieu de la "quarantaine" dans sa dimension
traumatique et en transmuent les signifiants
de l'enfermement pour lui redonner tout
son sens d'entrée sur le continent.
Au terme d'un mois d'expérimentation
in situ et au croisement de leur démarche
de création respective, un point de
vue à la fois critique et conceptuel,
politique et esthétique, émergera sur
ce thème de "l'étrangèreté". A n'en
pas douter, leur cheminement collectif
sera devenu un objet artistique complexe
qui provoque l'expérience sensible et
la parole publique.
Cette
résidence est une collaboration de l'association
ACTES, en partenariat avec l'association
Caroline. Contact : Actes>39 rue Sénac
de Meilhan - 13001 Marseille .
La
Baleine qui dit "Vagues", le théâtre
du conte, propose "île… été… 7 fois",
la septième édition d'une nuit entière
de conte sur les îles du Frioul le samedi
9 juillet 2005 de la tombée de la nuit
au lever du soleil -
Festival-atelier
MIMI, 20e édition du 28 au 31 juil
05 Hôpital Caroline - Iles du
Frioul - Marseille Un événement
produit par l' A.M.I. Centre National
de Développement pour les Musiques
Actuelles |
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LES
RESIDENCES
SKALEN
: reprise de Contexte Création le
1e et 2 juillet, précédée d'une résidence
en mai et juin. FEDERIC NEVCHEHIRLIAN
: création Nuits Caroline 2005, avec
résidence en juillet, et accompagnement
de l'artiste en 2006-07 NATHALIE
DIMARETZ (direction du projet) vidéo
et SYLVIE BARBIERE (peinture)
: "Marseille, de Dostoïevski à Fellini",
résidence en août 2005 et installation
plastique autour des personnages universels
de Marseille en juin/juillet 2006. Voici
maintenant plus d'un an que ce projet
est né. Ce temps a laissé l'espace à
la réflexion et à la maturation. Compte
tenu du sujet traité, il apparaît de
plus en plus clairement que le lieu
de travail de réalisation et "d'installation"
(la première en tout cas) est extrêmement
important. L'Hôpital Caroline, pour
lequel j'ai eu un "coup de cœur" depuis
quelques années déjà, se prête idéalement,
à divers égards, à cette élaboration
artistique. Du point de vue géographique
tout d'abord parce qu'il permet d'être
"aux premières loges" du grand tableau
de Marseille et de tout ce qui l'entoure
(mer, calanques). Il offre donc ce champ
de vision très recherché qui donne à
la fois la possibilité de s'inspirer
d'un lieu, de ses images, de ses bruits,
de ses lumières, etc, tout en donnant
le recul, le "zoom arrière", cette distance
nécessaire à la création. Du point de
vue historique, parce que cet hôpital
était celui de la mise en quarantaine
sanitaire des voyageurs arrivant par
voie de mer. L'étape sur cette île s'imposait
donc et toute personne ayant séjourné
à cet endroit a eu, sous les yeux, cette
perception là de la ville : à portée
de main et intouchable. Cette mise en
quarantaine n'était pas politique ce
qui justifie en partie la présence de
populations de toutes origines, ethniques,
culturelles et sociales, tellement significative
de Marseille. Rien donc, objectivement,
pour empêcher les personnages de Dostoïevski
-tous de grands voyageurs-, de débarquer
ici. Ni eux, ni ceux de Fellini : la
Saraghina, Cabiria, Zampano ou Gelsomina.
Contrairement à Elies Island, où ils
auraient très certainement été refoulés.
Par extrapolation, cette résidence artistique,
sorte de "quarantaine", de "retraite"
à l'abri de l'agitation du monde, est,
elle aussi, nécessaire à la création.
Du point de vue du temps ensuite, celui
chronologique, -symbolisé ici par la
présence, dans l'architecture du lieu,
de murs en friches-, qui passe, efface,
fait surgir vie et mort, apparaître
ou disparaître des existences, unique
témoin de l'Histoire humaine, permettant
de donner corps et sens à des personnages
fictifs, universels et intemporels.
Du point de vue de la matière enfin,
l'hôpital Caroline étant construit sur
une île où règne le minéral (et accessoirement
le végétal). C'est la très fameuse "
entrée en matière ", traduite ici par
la Peinture. J'ai bien conscience que
nous sommes en pleine mer, en plein
vent, en plein sel, presque toujours
à ciel ouvert, "sous le soleil exactement",
que nous serons confronté(e)s aux éléments
naturels omniprésents, qu'ils sont une
contrainte et que c'est avec eux qu'il
va falloir composer, mais ces contraintes
obligent aussi à une plus grande inventivité,
ce qui n'est finalement pas inintéressant.
Alors... que " vogue le navire " !
SAVINA
TARSITANO : l'association Caroline,
en collaboration avec the Governing
Body of Suomenlinna / NIFCA (Finlande),
accueille Savina Tarsitano afin de lui
permettre de réaliser son projet personnel,
en août 2005, dans le cadre du Programme
Odyssée en partenariat avec l'Association
des Centres Culturels de Rencontres.
SYMION
FIEULAINE : résidence d'écriture
en septembre 2005 autour de "Mobile
homme ou le spleen du Bagagiste" pour
une création dans le cadre des Nuits
Caroline 2006 avec un regard porté sur
3 territoires insulaires, Ellis Island,
l'île de Gorée, les îles du Frioul,
lieux de mémoire qui témoignent des
mouvements passés forgeant nos sociétés
actuelles.
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