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DEJA
SUR MARS | 
N°
002 - AVRIL 2005 



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Timimoun,
petite ville pittoresque du sud algérien. Sa palmeraie : l’une des plus grandes
du pays. En contre bas, son lac salé et asséché, forme une immense plaine la séparant
de l’océan de dunes du Sahara qui s’étend, lui, à perte de vue. Son vieux ksar,
anciennes petites maisons d’argile ocre, avec ses ruelles étroites, encore plus
étroites que les rues du Panier, à tel point qu’on y passe seulement en file indienne. TIMIMOUN,
qui fut, avant les années 90 et leurs cortèges de terreurs pour tous les Algériens,
un petit paradis touristique épargné des grandes infrastructures dévastatrices,
retrouve, depuis 2002, quelques visiteurs. Des Algériens du nord du pays, avant
tout, qui, là aussi depuis quelques années seulement, retrouvent le goût des vacances.
Et puis, quelques voyageurs étrangers, amateurs de désert ou amis de l’Algérie.
Moi-même, ayant opté pour une formule de voyage au plus proche des habitants,
je suis hébergé ici chez Moussa qui a organisé son logement en véritable maison
d’hôtes* – espérons que ce type d’hébergement, respectueux tout autant de l’environnement
que des modes de vie, se développera en Algérie et évitera l’implantation d’un
tourisme de masse mercantile et proprement irrespectueux tel que le subissent,
dans certaines de leurs régions, la Tunisie et le Maroc voisins.
Guidé
par Moussa – en vacances lors de mon séjour, mais d’ordinaire technicien radiologue
à l’hôpital de Timimoun –, je découvre ici la vie réelle des gens, l’extrême pauvreté
d’une bonne partie des habitants, due essentiellement au manque de travail dans
une région très peu industrialisée et quelque peu laissée à l’abandon par les
décideurs du nord du pays. Ici, où l’on ne produit rien ou presque rien (hormis
les dattes qu’on exporte), tout est importé du nord, jusqu’au fruits et légumes.
Tout est cher. Et les revenus minimums sont très faibles. Bref, nous sommes bien
dans une zone intermédiaire, entre une Afrique du nord relativement riche, industrialiséeet
touristique pour les deux autres pays du Maghreb – et une Afrique subsaharienne
pauvre et laissée- pour-compte. |
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Trait
d’Union, une asso de slidarité. Dans
ce contexte, certaines associations tentent des initiatives positives de développement.
Ainsi, l’association algérienne « Trait d’union »
– dont Moussa, en tant que vice-président, dirige l’antenne sur Timimoun – propose
t- elle de nombreuses actions culturelles et de solidarité. Telles que : le ramassage
scolaire dans les Ksours (villages) environnants, la recherche de bourses pour
les étudiants, distribution de médicaments, ou encore, dernière initiative en
date, un projet de formation au tissage et à la couture pour des jeunes filles
en vue de pérenniser des ateliers dans différents sites à vocation touristique.
Fortement aidé par l’association française « Trait d’union Solidarité Alsace »,
et notamment par sa présidente Suzelle Faisant – amoureuse de la région depuis
longtemps –, l’association algérienne était, lors de mon séjour cet hiver, en
pleine construction d’un « Centre d’Échange International » qui devra abriter
d’ici le printemps une bibliothèque, une audiothèque, des ateliers d’artisanat
et des lieux d’hébergement pour recevoir des visiteurs de l’étranger a.n de proposer
des échanges culturels ou de formation. Mais… dif.cile de construire dans le En.n,
pas tellement pour des raisons techniques, en fait. | |

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Car, même si le terrain choisi par l’association – dominant la palmeraie en contre
bas- est en pente et encombré pour une bonne part de sable, l’architecte a décidé
qu’il fallait déblayer ce surplus et construire en terrasse. Et c’est là que réside
justement la dif.culté. En effet, l’association étant munie de très peu de moyens
et fonctionnant en grande partie grâce à l’apport de dons et le soutien bénévole
d’entrepreneurs locaux, la recherche des machines et des matériaux se révèle être
un véritable travail de titan. Ainsi, errant dans les rues rectilignes de la partie
nouvelle de Timimoun avec Moussa et Karimi qui nous conduit dans son vieux taxi-brousse
jaune, nous tentons notre chance au hasard des rencontres. Le transporteur par-là.
L’entrepreneur responsable des chargements de gravier parci. Quand nous avons
trouvé l’un, nous avons perdu l’autre. Le croisant de nouveau par hasard, nous
le poursuivons comme nous pouvons sur la route, puis l’interceptons au passage.
Et ainsi de suite. Mais, ce qu’il nous faut surtout – pour déblayer en une heure
le surplus de sable qui nécessiterait une semaine à la brouette – c’est le bulldozer,
le fameux bulldozer qui n’est, bien entendu, jamais disponible. On me présente
l’entrepreneur, propriétaire de l’engin tant convoité. On insiste bien sur le
fait que je suis journaliste, que je suis en train de faire un reportage sur l’asso
– tous les moyens sont bons pour la bonne cause, d’autant que c’est la vérité.
Mais les raisons du retard sont purement matérielles – depuis les inondations
de 2004, deux gros chantiers sont en route pour reloger le plus rapidement possible
les sinistrés. Et la participation de l’entrepreneur au projet de l’asso : bénévole
! En.n, on obtient la machine pour une heure et pas plus. Et en une heure, le
sable est déblayé… Il n’est pas plus facile de construire ailleurs, quand on veut
faire du social… Mais, à Timimoun, le projet de construction du « Centre d’Échange
International » avance à vue d’œil, par bonds, grâce aux bonnes volontés. Souhaitons
leur bon courage !
G.F.
* Si vous êtes intéressés par ce mode d’hébergement : Mohamed
YAICHI - Rue Larbi BENM’HIDI 01400 TIMIMOUN - Domicile : 00 213 49 90 09 36 -
Bureau : 00 213 49 90 41 02. 
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